

Lucas Veil a suivi la formation Direction Artistique multimédia option Chef de projet à l’Ecole Multimédia dont il sort diplômé en 2009.
Il est aujourd’hui manager marketing créatif chez Gaumont-Alphanim, une société spécialisée dans la création et la production de dessins animés pour la télévision et le grand écran. Retour sur un parcours créé pas-à-pas, en passant par deux ans de formation à l’Ecole Multimédia.
Un goût prononcé pour les arts plastiques et le graphisme pendant ses études
Lucas a le goût du graphisme depuis tout petit : « j’ai toujours eu des pinceaux dans la main« , dit-il.
La construction de son projet professionnel s’est faite, par petites touches, par réajustement et parfois à la suite de rencontres. Après un Bac STT « plutôt angle com, mais avec une option arts plastiques« , Lucas décide de passer une année en Norvège pour intégrer Creative DTS, une école résolument polyvalente dans laquelle il choisira la filière musique studio. « Être en lien avec d’autres filières créatives m’a donné une proximité avec d’autres milieux et a sûrement contribué à mon orientation ultérieure » analyse-t-il. De cette année à Aelesund (près de Bergen, en Norvège), il sort certifié, doté d’avantages rares, parler le norvégien et avoir rencontré sa future femme Tone.
Après le nord, le sud
De retour en France, il est reçu au concours des Beaux-Arts d’Avignon. Lucas y reste un an pour faire « de la sculpture, du nu, des performances…C’est bien, mais trop beaux arts, trop vaste« . Et une question le taraude : « master en beaux-arts oui, mais que faire après ? » Retour donc à la case IUT de Blois, où il avait déposé un dossier un an plus tôt, pour suivre durant 2 ans la filière réseaux de communication. « J’y ai appris toutes les bases de tout, mais rien en profondeur » résume-t-il.
Direction Paris
Suivant son amie norvégienne décidée à se spécialiser dans le graphisme, Lucas décide d’emprunter cette voie lui aussi. Il effectue une entrée directe en 3° année à l’Ecole Multimédia, au sein de la filière initiale Vocation Graphique. « J’avais déjà un portfolio conséquent et j’étais bien rodé dans certains domaines comme les logiciels, en revanche, je manquais totalement de culture graphique » se souvient-il.
Heureusement, il pourra compter sur l’appui d’une deuxième femme pour le « booster« . Valérie Voyer, professeur à l’Ecole Multimédia, liste les personnes dont il convient de suivre le travail et lui concocte une liste de livres : « j’ai tout dévoré. »
Bilan ? En 3 mois, le retard est rattrapé. « Ce sont les professeurs qui me l’ont dit » précise-t-il. Et à la fin de la troisième année, Lucas sait qu’il veut être graphiste. Mais un doute subsiste : « je manquais d’assurance pour gérer des projets de A à Z. » Heureusement, Pascale Neveu, directrice de l’Ecole Multimédia est là : « elle m’a présenté les orientations de la quatrième année « Chef de projet multimédia option direction artistique « , le travail sur projets, la possibilité de travailler sur l’éditorial en montant une revue. Pour moi, cette quatrième année arrivait au bon moment.«
Une quatrième année décisive
Formation sur projets, clients réels, enseignants tuteurs…
Lucas a particulièrement apprécié ce travail sur ces projets pendant la quatrième année « Chef de projet multimédia option direction artistique : « on travaillait pour des clients réels, le CNRS, le Club James Bond, une troupe de comédie musicale pour les folies de Lucien, l’atelier Brancusi, mais aussi pour un client fictif comme le ministère de la culture. Nous avons également réalisé un court métrage en motion design« .
Des projets qui l’ont aidé à se préparer à son futur métier de chef de projet multimédia : « on apprend à respecter les délais imposés, à gérer une relation en équipe… » Y compris dans des domaines plus nouveaux comme la réalisation d’une revue : « dans mon métier, l’éditorial est très important. Pour décrire une proposition ou expliquer un projet, il faut savoir l’écrire précisément et simplement. Apprendre à écrire des articles m’a préparé dans ce domaine. » Et il en aura aussi gardé l’habitude de lire Le Monde 2 « que j’ai découvert à cette occasion et que je continue de lire avec plaisir.«
N’y aurait-il aucun bémol ? Pas du côté de la relation avec les enseignants : « plutôt des tuteurs que des profs » mais un léger regret que le manque de temps ne permette pas d’aller jusqu’à Z sur l’ensemble des projets. Mais de s’arrêter à x ou à y : »j’aurais surtout aimé apprendre davantage sur la construction d’un cahier des charges et intégrer la relation avec l’imprimeur, dans le cadre de la revue Undo.«
Fin des études et lancement dans la vie professionnelle
Lucas se lance en Décembre 2009 dans la recherche active d’un poste salarié. Sa méthode ? La consultation de sites dédiés comme Designers Interactifs ou Etapes et l’envoi de CV. Au total, il en envoie 30, rencontre 5 agences « pour des tests de créativité graphique en temps limité, mais l’optique agence de pub n’était pas trop mon truc, je recherchais quelque chose de plus concept « .
un mois plus tard, Il postule pour un poste de manager marketing créatif. Premier entretien d’une demi-heure avec le directeur des licences et la responsable marketing pour présenter son portfolio et justifier de ses motivations. Deux semaines plus tard, un deuxième entretien avec le directeur de la production. Celui-ci tente de mieux cerner sa personnalité : « les questions étaient plus serrées. Où irais-je si je devais partir à l’étranger. » Après, le suspens sera de courte durée, puisqu’il apprend deux jours plus tard qu’il est engagé « directement en CDI » en qu’il doit commencer deux jours après : « pendant un mois j’ai travaillé avec la personne que je remplace. »
60 % du temps consacré au suivi de production de dessins animés
Son activité, il l’exerce maintenant à Vincennes, siège de Gaumont-Alphanim qui gère les aspects management de la société (distribution, marketing, suivi juridique, production). Au palmarès de cette société, des dessins animés comme Galactik Football ou Gawayn, diffusés sur France télévisions ou Gulli et des longs métrages comme Kerity de Rébécca Dautremer.
Son travail de manager, c’est d’abord du suivi de création « du concept à l’impression » mais aussi de la conduite d’appels d’offre « pour les éléments promotionnels liés à la communication sur un dessin animé, comme un stylo, un flyer… » Et enfin du recrutement : son stagiaire, et des dessinateurs intermittents. « Environ 60 % de mon temps est occupé par le suivi de production. Je reçois le travail effectué par les dessinateurs en RVB et je le retravaille à la palette graphique pour le passer en mode CMJN, 4 couleurs, afin qu’il y ait un bon rendu papier. » Le temps passé à une reprise varie bien sûr en fonction du projet : « de 2 à 3 heures pour une vectorisation simple et une journée pour une pose de groupe. » A cela viennent s’ajouter une activité de dessinateur graphiste (flyers, insertions publicitaires dans des magazines spécialisés…) et un travail de communication interne : cartes de visites, template powerpoint « pour les clients privilégiés« , réalisation d’animation flash pour les bannières de communication interne : « cela représente environ 10 % de mon travail » évalue Lucas.
Côté free lance, périodes tout print ou tout web
Malgré un rythme soutenu, Lucas n’a pas renoncé pour autant à poursuivre sa carrière de free lance, avec ses périodes « tout print ou tout web« . Ni à créer une structure avec Tone, sa femme depuis 1 ans : « A la différence de Paris, en Norvège, il y a un gros potentiel, là-bas tout est à créer. » Ni non plus à vivre un jour « le rêve new-yorkais« , dans une entreprise, cette fois-ci. Mais cela, ce sera pour plus tard. Pour l’instant, Lucas savoure son cadre de travail « à deux pas du bois de Vincennes. Quand il fait beau, j’y vais en vélo« , conforte son savoir-faire et son cv et peaufine ses langues. Le français et le norvégien bien sûr mais aussi l’allemand, sa langue maternelle, et l’anglais qu’il pratique chez Gaumont-Alphanim mais aussi avec quelques clients.
Ses conseils aux étudiants ? Quatre pour l’essentiel : « suivre la formation de chef de projet multimédia en initiale pour prendre confiance et travailler le relationnel« ; être « béton » sur les contrats lorsque l’on est free lance : »il faut le faire, même pour 200 €, même s’il s’agit d’un ami ou d’une association« ; bien travailler son argumentaire de présentation « pour soutenir et défendre son projet face aux remarques ou aux appréciations d’un client » et ne pas « bouder » un travail qui semble « commencer par le bas » : « on y apprend beaucoup de choses. »
Pour l’apprentissage des langues, à vous de juger ce qu’il vous reste à faire.
Visitez le site personnel de Lucas Veil
Visitez le site de Gaumont-Alphanim